La bataille des smartphones pliables s’intensifie sur le marché

21 février 2026

La guerre des chiffres n’a jamais suffi à faire rêver les foules. Pourtant, le secteur des smartphones pliables s’offre un rebond spectaculaire, avec des prévisions de croissance qui bousculent tous les pronostics. Baisse des prix, lignes affinées, fonctionnalités dopées : la promesse d’appareils hybrides qui pourraient bien bouleverser un marché en panne d’inspiration. Les géants du secteur accélèrent, déterminés à ranimer un marché atone, plombé par la pandémie et le manque de nouveautés marquantes. Samsung s’impose en tête du peloton, mais la partie est-elle vraiment jouée ?

La suprématie des smartphones pliables

Huit ans de recherche, des centaines de prototypes, des paris technologiques risqués : Samsung n’a rien laissé au hasard pour imposer ses smartphones pliables. Les dernières versions, Galaxy Z Fold 3 et Z Flip 3, témoignent de l’avancée fulgurante du constructeur coréen. Finis les débuts timides du premier Galaxy Fold : aujourd’hui, la robustesse, la qualité d’affichage et l’optimisation logicielle placent ces modèles au cœur du quotidien. Pendant que la concurrence s’essouffle à peine sortie des starting-blocks, Samsung transforme l’essai et vise le grand public.

Il suffit de jeter un œil aux tarifs pour mesurer le chemin parcouru. Le Z Flip 3 s’aligne désormais sur des modèles classiques comme le OnePlus 9 Pro ou le Galaxy S21+. Quant au Z Fold 3, il affiche un prix 200 $ inférieur à celui du premier Fold, tout en surclassant son aîné sur tous les plans technologiques. Les smartphones pliables ne sont plus réservés à une poignée de curieux fortunés : Samsung a su démocratiser son concept, sans renoncer à l’innovation.

Où sont les autres ?

Sur le papier, la révolution devait être collective. Oppo, TCL, Xiaomi : tous affichaient leurs ambitions, promettant leurs propres téléphones pliables. Dans les faits, rares sont ceux à avoir franchi le pas. Xiaomi a bien commercialisé le Mi Mix Fold, mais uniquement sur le marché chinois. L’appareil reprend les codes du Galaxy Fold, tout en conservant la politique tarifaire agressive qui fait la réputation de la marque, à condition d’accepter de l’importer soi-même.

Un temps, Huawei s’est rêvé en rival de Samsung. Le Mate X, puis le Mate XS, proposaient un écran pliant vers l’extérieur : une prise de risque technique notable. Le Mate XS a même été disponible au Royaume-Uni, mais privé des services Google, il est resté marginal. Dernière tentative en date, le Mate X2 n’a jamais quitté la Chine. Les sanctions internationales freinent net les ambitions mondiales de Huawei.

Chez Motorola, le Razr fait son grand retour sous forme de smartphone pliable, clin d’œil appuyé à l’icône des années 2000. Mais l’effet de surprise s’est émoussé, et l’appareil commence à dater. Microsoft, de son côté, a tenté l’aventure avec le Surface Duo à double écran, une proposition à part qui ne coche pas toutes les cases du smartphone pliable classique.

En résumé, le tableau est clair : beaucoup d’annonces, peu de concrétisations. Deux modèles inaccessibles, un qui prend de l’âge, un autre qui joue dans une catégorie à part. L’écart se creuse.

Qu’est-ce qui se passe ?

Développer un smartphone pliable, c’est s’attaquer à la pointe de l’innovation mobile. Coûts astronomiques, défis industriels, attentes élevées : tous ne sont pas armés pour la bataille. Samsung, fort d’une maîtrise unique des écrans et d’une puissance financière redoutable, a creusé l’écart au point de décourager la concurrence. Certains, comme Xiaomi, pourraient déployer leur Mi Mix Fold à l’international sans bouleverser la donne. Mais à écouter les spécialistes, l’appareil n’arrive pas à la hauteur du Galaxy Z Fold 2, et encore moins du Z Fold 3. TCL multiplie les concepts, mais sans passer à la production. Malgré sa compétence en matière d’écrans, la marque ne bénéficie pas de la notoriété de Samsung sur ce segment.

Aujourd’hui, le nom de Samsung est devenu presque indissociable des smartphones pliables. Les autres fabricants hésitent à engager des sommes colossales pour tenter de rivaliser avec le Galaxy Z Fold 3, tout en devant relever le défi colossal de séduire un public encore méfiant. L’enjeu n’est plus seulement technique : il s’agit aussi de créer le déclic, celui qui transformera l’essai et fera du smartphone pliable un réflexe, pas seulement une curiosité.

Le marché attend son vrai duel. Pour l’instant, Samsung mène la danse, et les autres semblent regarder la piste depuis le vestiaire. Qui osera vraiment défier le champion ? La prochaine manche s’annonce décisive.

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