Facebook annonce la possibilité de supprimer l’historique des données de compte

3 janvier 2026

Effacer son passé numérique d’un simple clic : la promesse de Facebook fait plus de bruit qu’un algorithme en roue libre. L’annonce de cette fonctionnalité, très attendue, a provoqué une onde de choc dans le paysage numérique déjà secoué par les scandales sur la gestion des données personnelles.

Facebook a officiellement confirmé que l’option permettant à chaque utilisateur d’effacer l’historique de ses données sera déployée dans le courant de l’année. Une annonce relayée mardi par David Wehner, directeur financier du géant californien, lors d’une conférence technologique organisée par Morgan Stanley Bank. Cette déclaration intervient plusieurs mois après que le réseau social a été pris dans la tourmente, pointé du doigt pour l’utilisation controversée des informations de ses membres.

Pas de calendrier détaillé à l’horizon, mais une certitude : le fameux bouton « effacer l’historique » figure bel et bien sur la feuille de route. Wehner reste prudent sur les délais, se contentant d’évoquer un lancement prévu « plus tard cette année ».

Pour mieux comprendre les enjeux, il suffit de regarder les usages actuels de la plateforme. Depuis des années, Facebook récolte des informations sur les habitudes de navigation de ses membres, notamment à travers des applications tierces et des sites web partenaires. L’outil annoncé leur offrira enfin la possibilité de contrôler, voire d’effacer ces traces numériques. Il s’agit aussi d’un moyen de bloquer l’enregistrement de nouvelles données à l’avenir.

Quelques éléments de contexte pour prendre la mesure du changement :

  • Apps-Facebook-TECHNOLOGIEFacebook ose de plus en plus collecter ses données à des fins publicitairesquery_builder27 fév 2019 – 16h02

Face à cette nouvelle perspective, Facebook ne cache pas son inquiétude. David Wehner a prévenu : si les utilisateurs décident de purger l’historique de leurs données, les répercussions seront immédiates sur la capacité du réseau à cibler ses campagnes publicitaires. En clair, le modèle économique du réseau social, fondé sur la personnalisation des annonces, devra s’adapter à un environnement moins prévisible.

Wehner l’a admis sans détour : « Ce serait comme un vent contraire à la capacité d’avoir une direction aussi efficace qu’avant. » Mais, nuance-t-il, Facebook a déjà su composer avec cette nouvelle donne. Le dirigeant évoque une transformation profonde du secteur et admet que la croissance devient plus complexe, moins lisible. Reste à voir comment le géant californien négociera ce virage, alors que la question du respect de la vie privée s’impose désormais au cœur du débat public.

La promesse de Facebook ressemble à un pari risqué : redonner la main aux utilisateurs tout en préservant son modèle publicitaire. Un équilibre fragile, qui pourrait bien redessiner la carte du pouvoir numérique dans les mois à venir.

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